Vairé: contribution à l'histoire d'un bourg de Vendée

a) LE VILLAGE DE VAIRÉ

Dr. Baudouin, Préhistoire de Vairé, p. 5, dit : certainement d’origine gauloise, Variacos, puis Variacum, véré, vers 1350, mais Cassini père et fils, sur leur carte, disent déjà Vairé.

Louis Pouclet sur les moulins de Vairé (repris dans son livre) : La Flaivière (maçonnerie, mécanisme intérieur, un petit bâtiment, appartenait à l’amiral Buor, racheté en Thermidor an IV par Marie-Louise BUOR), les Chânières (ruine achetée en 1976 par M. Massé qui travaille à la pharmacie Poupin, Ph. Ruchaud me dit qu’il a été à nouveau vendu), le moulin Chailloux au lieu-dit les Logeries, la Guillonnière (Guyonnière, fanal appelé « falot »), le Retail au point culminant de la commune, le seul à avoir conservé son arbre. Moulins disparus : La Brosse Maçon, le Moulin l’Abbé sur le chemin de Landeronde à la Brosse-Maçon, la Cantinière, le dernier à moudre du grain avant sa destruction en 1922, le Moulin-Cassé entre ce lieu et la St Michel.

Moulins à eau : Le Moulin-Neuf près de la ferme du même nom en amont de la Flaivière, il appartenait aux BUOR (le canal d’évacuation des eaux est encore visible). Un autre sur le ruisseau entre la Combe et la Voie-Lambert (farineil de la Cantinière).

 

Logis ou châteaux : Les Forges : André Morisson, seigneur des Forges, frère de Jacques Morisson, décédé en 1661, sieur de la Rudelière, sénéchal des baronnies de Brandois, la Mothe-Achard et de la Maurière, qui épouse Marguerite DUBOIS (voir Vieux Logis). Propriétaires successifs, Jean Morrisson, seigneur des Forges de Vairé (1662), Ruchaud Lézun (par achat comme bien national) dont la famille y habite jusqu’en 1903, date de la mort de Mlle Ruchaud, bienfaitrice de la paroisse, M. Valéry (jusqu’à sa mort en 1946, c’est sous ce nom que nous connaissions la maison), fils naturel de Mlle Ruchaud, Eugène Thomazeau en 1949, famille du  propriétaire de l’ancien garage Groussin (puis Jeanne), apparenté à Marie-Josèphe Thomazeau, ép. Adrien Berthomé, parents de Joseph Berthomé, René, Marie-Adrienne, secrétaire de mairie à Vairé, Dominique, etc.). Propriétaire actuel, M. le colonel Michel Chailloux.

 

Famille de la VOYRIE : Pierre de la Voyrie est le premier évêque de Luçon en 1317. En 1783, Charles Auguste de la Voyrie et son ép. Marie Élisabeth de l’Étang vendent leur maison de Vairé (le Grand Logis, suppose Pouclet) et vont habiter la Domangère de Nesmy (repéré par moi). Avant la Révolution, la résidence principale des de la Voyrie était la Gracière de la Chapelle Achard. En 1826, la Flaivière a été achetée par Charles André Auguste de la Voyrie, colonel de gendarmerie, puis revendue en 1839 à son frère jumeau, Charles Benjamin (né en 1791, détails dans Pouclet, p. 59), colonel d’infanterie, dont la fille, ép. de Bernard Des Champs Neufs, mort en 1914-1918, y vit jusqu’à sa mort en 1935. C’est une fille de Charles Benjamin qui épouse un du ROSTU mort à Sébastopol.

Le Grand Logis (ne pas confondre avec le Vieux Logis) appartenait à une famille Morisson-Dubois. En 1671, partage entre l’aînée Catherine Dubois, ép. André Bouhier, sieur du Retail (le point culminant de la commune) et Marie Dubois, fille de feu Dubois et Marie Morisson. C’est Catherine en tant qu’aînée qui reçoit le Grand Logis. Il est question d’une maison, du puits de Servantière et du treil (pressoir) que reçoit Marie Dubois (la ferme attenante s’appelait la Chênerie, une partie est devenue La Croix Blanche). En 1672, Marie Dubois « fait aveu » à l’abbé commandataire de l’Abbaye Royale de Saint Jean d’Orbestier et de la maison abbatiale de Vairé. À la mort de Marie Dubois, ép. Bouhier de la Chénerie en 1691, le Vieux Logis a probablement été vendu à la famille de la Voyrie (Bibiane de la Voyrie regrettait de ne pas l’avoir acheté en 1903).

En 1863, le Grand Logis appartenait à un Ruchaud.

Nous connaissons les lieux : face au logis, à gauche, habitaient Jules Morineau et sa femme Juliette (leur fille Paulette s’est occupée de moi en tant que bonne), en face, Victoria, ép. Bouchereau (facteur ?), fille de Pierre Proud qui fut le régisseur de notre grand’mère. Une autre Proud, Berthe, ép. Rabaud (avec lequel nous sommes allés à la pêche), était une grande amie de notre tante Poupy. Elle a habité à la fin de sa vie une petite maison sur la place des Reliques. Au croisement de la rue de Gaulle et de la rue du Vieux Logis, Georges Rideau, couvreur-charpentier, qui a travaillé au Besson, avait sa maison et son atelier après sa retraite (en 1935, il avait acheté grange et atelier de Rousseleau).

La Maurière, nom souvent cité comme fief, tumulus transformé en motte féodale.

La Veronnière détruite en 1922. Puits funéraires trouvés à la Véronnière de Vairé , Ann. Dép. de la Soc. d’Emulation Vendée, 1915-1922. Selon le Bull. de la Soc. Préhist. Fr., 1§, 1919, p. 139-140, l’idée des puits funéraires viendrait des Phéniciens de Sidon (l’intro. du vol. « mythe de l’Atlantide et de la présence phéniciennne »). Il n’y a aucune preuve que ces puits datent de l’époque romaine.

Article sur Vairé dans Olona 2, n° 7, 1930, p. 41-44.

À propos des Pierres Garatelles dans le livre de Jean-Loïc Le Quellec, La Vendée mythologique et légendaire, Geste éditions (préface de Bernard Sergent, un hélléniste que je connais par ailleurs), p. 351 : le menhir de la Crulière renversé par le Diable vexé d’avoir été battu par un ange au jeu de ménjhe. D’où le nom de Palet du Diable ou Pierre Dormante, et Meinje du Diable ou Galoche du Diable. La meinge est toujours là, mais le palet a disparu par suite de l’extension de la carrière. En 1793, un jeune Vendéen se réfugia sous les Pierres Garatelles. Il échappa grâce à une toile d’araignée qui couvrit par miracle l’entrée de son refuge. La ménche ou ménche (prononcée « minche ») est la cheville de bois qui sert de but au jeu de palets.

Le fossé des Sarrasins. Le Quellec est sceptique sur la présence de Phéniciens ou sur le Fossé des Sarrazins dont on parle pour Grosbreuil, Girouard et vers la Mothe et Aizenay (sur le Fossé voir S. Guiet, Ann. de la Soc. d’Émulation de Vendée, 1936, p. 42-52).

 

b) ANNEE par ANNEE.

1792  29 juin : Vairé n’ayant plus de curé (comme Landevieille, La Chapelle-Achard, etc.), les paroissiens vont à la messe à la Chaume. Mais le 8 juillet, la messe du curé assermenté n’est suivie que par cent fidèles.

1793 : début de l’insurrection le jeudi 7 mars.

Un courrier extraordinaire prévient le district des Sables que Vairé, Landeronde, Sainte Flaive, Saint-Julien, etc. sont en insurrection. Le tocsin sonne encore le 17 mars pour appeler les habitants à se joindre à ceux que Collinet appelle souvent « brigands ». Le 19 mars, le « perfide » Gabiran, capitaine de vaisseau, invite à dîner à la Grassière 40 cavaliers républicains qui échappent péniblement aux ennemis qui tentent de couper le pont. On envoie un contingent réparer le pont. Les ennemis sont à la Gachère. Un détachement républicain a pour mission de « submerger toutes les gabarres et bateaux de passage depuis le Besson jusqu’à la mer ». Il est question de la Grève où les combats se poursuivent le 21 mars. Les royalistes abandonnent Vairé et la Gachère le 29 mars, provisoirement, puisqu’on les signale encore début avril, à la Gachère et à la Grève où ils édifient des retranchements au delà, à Pierre Levée où ils boivent 16 barriques du sieur Pezot !

Le 29 mars, après l’affaire de la Grassière, un officier découvre le corps d’une « superbe femme vêtue en amazone », avec une veste verte à boutons d’or.

7 avril : défaite des royalistes à la Grassière.

Le 8 avril, Louis FRUCHARD, maire de Vairé, né à Olonne aux Clouzis, père de onze enfants, qui « se croyant innocent », se présente lui-même aux autorités. Il est arrêté par les chasseurs du Languedoc qui le croient aristocrate. Des papiers contre-révolutionnaires trouvés à Vairé conduisent à l’arrestation de la demoiselle Baudry d’Asson d’Olonne. Dans l’église, comme dans d’autres, on trouve du butin saisi par les révolutionnaires que les propriétaires peuvent venir réclamer.

Le 21 avril, les ennemis sont à Bourgneuf « au nombre de quelque mille ». Les républicains de Boulard sont postés à Vairé.

Juillet : cantonnement à Vairé de soldats du Lot-et-Garonne.

Août : à Vairé et ailleurs, de nombreux soldats meurent « par une enflure à la gorge et le flux de sang ». Collinet met en cause la gale, la mauvaise qualité des eaux, les marais où ils se baignent… et du vin qui vient de la Rochelle, « soufré et très mauvais » (Collinet a des doutes sur ce dernier point) !

Novembre : les ennemis sont à Vairé, Bourgneuf et jusqu’au Pont Chartran (sur la Vertonne sans doute).

1794

Nivôse : les vedettes ennemies s’avancent jusqu’à Vairé que les républicains ont dû abandonner « par rapport aux grandes eaux » qui coupent la communication avec les Sables. On commence à construire un pont pour relier Saint Gilles aux Sables.

Mars : TURREAU. Une colonne infernale parcourt les communes de Landeronde, de Saint-Julien (le château de la Bassetière est brûlé) jusqu’au moulin du Retail. À Landeronde, « foyer de la révolte, personne n’est épargné. Des blessés massacrés à Vairé où il n’y avait pas de garnison. Les habitants et ceux de communes voisines se réfugient aux Granges et aux Clouzils. Le 24 avril, un meunier de Vairé, convaincu d’avoir participé au massacre, est fusillé. Collinet reconnaît que l’armée de Mayence qui se livre au pillage n’assure guère plus la sécurité que les brigands. On trouve des gerbes de froment chez Imbert de la Brissonnière, riche bourgeois. Les brigands sont toujours entre Bourgneuf, le pont de Vertou et la Gachère, où il y a encore des combats en juin. Pendant ce temps, JOLY est basé à Beaulieu.

Juin : tous les paysans trouvés chez eux à Vairé, Coex, Beaulieu,, Saint-Julien, âges de plus de 1à-12 ans sont tués.

Novembre : attaque conjointe de Charrette et Stofflet sur les Sables par Vairé, la Grève, les hauteurs de Touvent (avant la Pommeraie sur le route de l’Île à Saint Mathurin), et le pont de Vertou. Le camp des patriotes à Pierre Levée est renforcé, ce qui nuit beaucoup aux bosquets, affiages et charmilles.

1795 

Trois camps, la Grève, Touvent et Pont Chartran. Charrette est à Belleville, mais il est assez bien implanté à Vairé, Landevieille, etc. pour taxer le froment.

Août : la  rumeur se répandant que les Anglais vont appuyer les tentatives des rebelles, les garnisons de la Grève, de la Gachère, etc. se replient sur les Sables.

1796

Février : les ânes de Vairé sont réquisitionnés, faute de chevaux, pour les charrois de pain et de provisions. La misère est grande aux Sables.

Avril : Collinet signale que Vairé, comme la Mothe, est entièrement détruit.

1800

Janvier la garnison de TRAVOT part pour Saint-Gilles par Vairé et l’Aiguillon.

Avril : les habitants de Vairé se retrouvent avec 8.000 fidèles à une messe célébrée par un prêtre réfractaire du Château d’Olonne. Travot porte plainte.

1903 : décès de Mlle Ruchaud, bienfaitrice de la paroisse

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 28/03/2008